Les porteurs :
Je voudrais d’abord revenir sur ceux sans lesquels nous n’aurions pas pu faire cette ascension dans des conditions aussi confortables, je veux parler des 26 porteurs anonymes et discrets qui nous ont accompagnés. A part ceux avec lesquels nous avions des contacts quotidiens, essentiellement ceux qui nous servaient lors des repas, nous avons eu du mal à repérer les autres parmi les 300 porteurs des 2 autres groupes qui effectuaient le parcours en même temps que nous.
Tous les matins, peu de temps après notre départ, ils nous doublaient tous à vive allure, et lorsqu’on arrivait au campement, tout était installé et nous ne voyions pratiquement plus que nos 2 serveurs.

La remise des pourboires et le verre que nous avons pris tous ensemble le dernier soir ont été les seuls moments où nous les avons vraiment rencontrés.
Ces hommes (et quelques rares femmes) gagnent 5$ par jour de portage (les serveurs et monteurs de tentes gagnent un peu plus et les cuisiniers le double), auquel il faut rajouter le traditionnel pourboire que les touristes laissent en fin de trek. En ce qui nous concerne, nous avons laissé 20$ par porteur, soit un salaire de 50$ pour les 6 jours. Faites le compte, lorsqu’on sait que le salaire moyen en Tanzanie est de 70$ par mois et que 90% de la population vit avec moins de 2$ par jour.

Ceci explique que les candidats au portage soient nombreux à se présenter aux différentes portes d’accès au parc du Kilimandjaro. Heureusement, ces portages, pour ce que nous avons pu voir, se font en d’assez bonnes conditions.
- D’une part, les charges ne doivent pas dépasser 15kg : Il y a des balances au départ, bien que je ne sois pas sûr que toutes les charges soient vérifiées.
- Ensuite, il y a des tentes pour les porteurs : Il est vrai que pour nos 28 porteurs, il n’y avait que 4 tentes dans lesquelles ils devaient être serrés, mais au moins elles avaient le mérite d’exister.
- Enfin, leur équipement est plutôt correct, grâce aux vêtements que les groupes laissent à la fin de chaque ascension (chaussures, vêtements chauds, gants, …)
Le seul point qui, à mes yeux, est encore regrettable, c’est la nourriture, comparée aux repas complets et variés dont, nous autres touristes, pouvons bénéficier. En effet, on nous a expliqué que les porteurs ne pouvaient pas avoir les mêmes menus que nous, car cela coûterait beaucoup trop cher. Alors, pour eux, c’est plat unique à tous les repas : porridge.
Alors, je souhaite leur rendre ici un hommage tout particulier.

Village Education Project Kilimanjaro:
Après l’ascension, nous avons passé 2 jours au cours desquels Bob nous avait préparé un programme qui nous a permis d’avoir une vision non touristique de la Tanzanie.
En effet, il travaille ici depuis un an dans le cadre de « Village Education Project Kilimanjaro », un projet de mise en place de structures éducatives (moyens matériels, logistiques et pédagogiques) pour 3 écoles primaires situées autour de Marangu sur les contreforts du Kilimandjaro.
Autour de nous, il n’y a pas de route goudronnée, mes seulement des pistes poussiéreuses qui deviennent de vrais bourbiers dès qu’il pleut. Nous sommes ici dans la ceinture café-banane, zone située entre 1500m et 2000m d’altitude et qui fait le tour du massif du Kilimandjaro. Comme son nom l’indique, cette zone est essentiellement dédiée à la culture du café et de la banane.
Le premier soir, nous sommes allés dîner chez Mama Mlaï qui s’occupe d’une boutique dont les bénéfices sont reversés au projet. Mais, avant tout, elle gère un petit lopin de terre sur lequel elle cultive du café et élève quelques vaches et chèvres, tout en veillant sur ses 5 petits-enfants.
Mama Mlaï est une amie de Bob et nous a accueillis dans sa maison où elle nous avait préparé un vrai festin. Nous avons tout de suite était confronté au quotidien des Tanzaniens. Ici, comme dans 85% des foyers, il n’y a pas l’électricité, par contre le téléphone portable est présent partout (Mais comment font-ils pour les recharger ?).
Très vite, la conversation tourne autour de la condition de la femme : Mama Mlaï est la première femme d’un homme qui a pris une deuxième femme avec qui il vit maintenant. La polygamie est encore monnaie courante et la femme ne possède rien : mais c’est elle qui travaille aux champs, qui transporte les charges, qui s’occupe des enfants,….
Ici, comme la nuit tombe vers 18h30, il faut prendre l’habitude de se déplacer avec une lampe de poche, car les rues-pistes ne sont bien sûr pas éclairées.
Le lendemain, nous sommes reçus dans une des écoles par le directeur Fadhili et le pasteur. Là aussi, nous avons droit à un excellent repas et nous abordons les problèmes d’éducation. Dans les écoles, il y a en moyenne 10% d’orphelins à cause des ravages causés par le sida. Aussi, les éducateurs essaient de passer par les enfants pour informer les parents sur la maladie.
Nous visitons l’école et surprise, en entrant dans la première classe, il n’y a pas d’enseignant : Une trentaine d’enfants travaillent seuls sans surveillance, mais ici, pas de souci, l’ambiance est studieuse. C’est le fonctionnement normal des écoles où il n’y a pas assez d’enseignants : alors ils passent successivement d’une classe à l’autre en laissant du travail aux enfants. La journée type d’un écolier Tanzanien :
- Arrivée à l’école à 7h et jusqu’à 7h45, les enfants nettoient les classes.
- De 7h45 à 8h, chants : hymne national, chansons de l’école
- Les cours débutent à 8h par tranches de 45mn (avec présence où non d’un enseignant) entrecoupées de pauses
- A midi, il y a 2h de pause déjeuner : tous mangent à l’école et doivent une fois par semaine apporter le bois pour la cuisine.
- Les cours finissent vers 15h30 et ils sont de corvée à tour de rôle pour nettoyer la cour.
Dans les classes, les écoliers sont très disciplinés : ils se lèvent lorsqu’un adulte entre dans la classe, ils respectent le silence, etc….
A l’extérieur ils sont plus turbulents, comme tous les enfants du monde.
Les Masaï:
La population locale est essentiellement composée de Chaggas qui sont des agriculteurs. Les masaïs vivent dans les plaines environnantes et sont les « guerriers ». Autrefois, ils faisaient des incursions en territoire Chaggas pour faire du pillage. Les Chaggas protégeaient leurs biens et leur troupeau dans des grottes profondes qui peuvent se visiter.
Aujourd’hui, à Marangu, vivent quelques sympathiques Masaïs qui sont en fait veilleurs de nuit. Lors de notre arrivée, nous avons eu la surprise de trouver devant notre chambre d’hôte, un de ces guerriers qui passait la nuit à veiller sur nous. Ils surveillent également les écoles et plus particulièrement l’Internet café dans le bâtiment où habite Bob.
Nous avons eu droit à une initiation aux danses Masaï








1 commentaire:
Et malgré ton entraînement sportif intensif, tu n'as pas réussi à sauter plus haut que ça ???
P'tite soeur
Enregistrer un commentaire